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Volume 2 : Chapitre 7 - Le Poids des Responsabilités

  Cerena fit un pas en arrière, avant de reconna?tre Owen. Le regard qu'il arborait lui fit froid dans le dos.

  — Owen…

  Sans état d'ame, il arracha d'un coup son épée du corps de sa victime, et avan?a, passant à c?té de sa mère sans même la regarder.

  Les hommes qui détenaient toujours Elvira avaient déjà reculé de quelques pas, tout en resserrant leur prise, le tranchant de l'arme appuyé contre son cou.

  Owen continua d'avancer, aveuglé par la haine. En silence, sans faire le moindre geste, il s'insinua dans leur esprit.

  — Owen ! cria Cerena. Non !

  Le soldat relacha Elvira, pour faire face à son confrère, mais avant même qu'elle ne p?t s'écarter, celui-ci donna un coup d'estoc en direction du premier. Sa lame alla se planter dans le ventre du soldat, après avoir traversé le flanc d'Elvira, qui hurla de douleur au moment où il en retirait la lame.

  En entendant son cri, Owen relacha aussit?t sa concentration et libéra l'esprit de l'homme indemne, puis constata la blessure profonde qu'elle avait subie par sa faute.

  Ignorant l'assaillant, Cerena se précipita aux c?tés d'Elvira, qui s'écroula dans ses bras. Elle pla?a sa main sur la blessure, faisant pression pour limiter l'hémorragie. Elvira regardait le ciel nocturne, les lèvres tremblantes, son corps se refroidissant à chaque seconde.

  — Owen, va chercher de l'aide. Va chercher son père, vite ! cria Cerena.

  Pas de réponse. Un bruit de métal retentit : Owen avait laché son épée, son regard toujours fixé sur la blessure de sa s?ur. Il aurait été parfaitement immobile, n'e?t été les légers tremblements qui secouaient son corps.

  — Maman… j'ai… j'ai mal… j'ai peur… bafouilla Elvira, la respiration faiblissant et des larmes roulant sur ses joues.

  — Owen… reprends-toi… je t'en prie… chuchota Cerena, dans une nouvelle tentative de ramener son fils à la raison.

  En panique, les yeux humides, elle caressait délicatement le visage de sa fille pendant qu'elle continuait à faire pression sur la plaie de l'autre main.

  — ?a va aller, ma chérie. Je te le promets.

  Elle installa péniblement Elvira la tête sur ses genoux. Avec sa main libre, elle attrapa celle de sa fille, et la serra de toutes ses forces. Ses doigts étaient glacés. Cerena ferma les yeux et se concentra. Comme elle l'avait déjà fait, une douce chaleur s'éleva de sa paume. Mais contrairement à la dernière fois, elle ne cherchait pas à se réchauffer. Laissant circuler en elle la magie de sa fille, elle parvint enfin à produire l'effet recherché : une vive lumière apparut sous ses doigts qui faisaient pression sur la blessure d'Elvira.

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  La main tremblante, l'effet ne dura pas plus de quelques instants, mais il suffit à arrêter l'hémorragie. Lorsqu'elle relacha sa concentration, Cerena, le front en sueur et le souffle court, eut un vertige, puis la nausée. Ignorant son propre état, elle prit sa fille dans ses bras, ferma les yeux et la serra fort contre elle, à la fois pour la réconforter et la réchauffer.

  Elvira, désormais inconsciente, avait cessé de trembler. Sa respiration s'était stabilisée, et son c?ur battait doucement.

  Le soldat, qui observait la scène se dérouler sous ses yeux depuis qu'il avait repris ses esprits, n'était pas intervenu. Tenant toujours son épée à la main, il en dirigea la pointe vers la nuque de Cerena, agenouillée devant lui. Il agit sans jamais lacher Owen des yeux, un mélange de crainte et de détermination affiché dans son regard.

  Celui-ci, prenant à nouveau conscience du danger, avan?a d'un pas. Mais, Cerena, qui continuait d'enlacer sa fille, yeux clos, l'interrompit.

  — ?a suffit. Tu en as assez fait.

  Enfin, pour la première fois ce soir-là, il tourna le regard vers elle. La voix de sa mère était étonnamment stable et résolue. Il se sentit vaciller.

  Elle ne voulait pas de son aide.

  Il regarda l'homme qui la mena?ait de son arme. Cerena cessa doucement d'enlacer sa fille, et la posa délicatement au sol, sans la quitter des yeux, le regard chargé d'amour et un sourire triste aux lèvres. Elle se releva d'un geste lent, et se tourna vers l'homme armé.

  — Emmenez-moi, mais épargnez-les. Tous les survivants… déclara-t-elle.

  L'homme jeta un dernier coup d'?il à Owen, qui ne bougeait plus, le regard dans le vide. Voyant qu'il ne représentait plus une menace, il baissa son arme et escorta Cerena en dehors de la ruelle. Celle-ci jeta un dernier regard à sa fille, priant intérieurement qu'elle reste saine et sauve.

  ???

  Le soldat et Cerena arrivèrent à l'entrée du village, où le haut gradé attendait, appuyé contre le mur.

  Il n'avait pas suivi Owen au village. Il savait que c'était inutile. Les voyant arriver, il se redressa et s'inclina bien bas.

  — C'est un honneur de vous rencontrer enfin, Ma Dame, dit-il. êtes-vous blessée ?

  Elle l'observa un instant, avant de secouer la tête.

  — Dans ce cas, nous pouvons y aller.

  Il souffla dans une corne, appelant ses hommes encore sur pieds à se rassembler. L'un de ceux resté à l'arrière s'approcha en tenant un cheval, sur lequel Cerena fut invitée à monter. Le restant de la compagnie s'éloigna par là où elle était venue.

  Derrière eux, la neige commen?ait déjà à recouvrir les silhouettes inertes laissées dans leur sillage, figeant le sang et le métal sous un voile silencieux.

  Alors que le vent recommen?ait enfin à souffler et que la neige tombait dru, l'incendie s'atténua peu à peu.

  à l'aube, la neige avait recouvert le village d'un linceul blanc, effa?ant presque toute trace du chaos br?lant de la nuit. Seuls demeuraient un silence plombant, des murs noircis et des toitures réduites en cendre, ultimes témoins de l'événement tragique.

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